2010
jeudi 11
février

Communiqué de presse - La Loi du 11 février 2005 fête ses cinq ans : bilan quinquennal mitigé !

Quelles mesures réelles en faveur des personnes en situation de handicap ?

L’association pour l’Information et la Recherche sur le Syndrome SAPHO est quotidiennement sollicitée face aux difficultés que rencontrent les malades atteints du Syndrome SAPHO (maladie rare auto-inflammatoire chronique) et leurs familles.


En effet, malgré les points encourageants que présentait la Loi du 11 février 2005 relative aux dispositions en faveur des personnes en situation de handicap, aux grandes inégalités, aux discriminations, ou aux parcours du combattant (au sens propre comme au figuré), ces faits demeurent pour bon nombre de nos malades, qui cumulent une pathologie chronique à évolution imprévisible (par poussées inflammatoires invalidantes), la plupart du temps « invisible » pour l’extérieur, mais très pénible à gérer au quotidien, l’errance de diagnostic et la non reconnaissance (même de la part de professionnels médicaux) des souffrances que le Syndrome SAPHO induit nuit et jour, mais aussi toutes les barrières à la longue insupportables, quand le handicap devient lourd dans la vie quotidienne.


Force est de constater la lenteur avec laquelle les dispositions de la Loi du 11 février 2005 se mettent en place, et maintenant les amendements qui font plutôt reculer ces dispositions qui étaient très attendues par les personnes en situation de handicap :

La fin du Plan Personnalisé de compensation, jugé superflu et redondant,
L’exonération de la contribution obligatoire pour les PME ne répondant pas aux obligations d’embauches de travailleurs en situation de handicap,
La possibilité renforcée de dérogations d’accessibilité architecturale,
La multiplication des démarches pour obtenir ou garder son Allocation Adulte Handicapé (AAH),
L’oubli total de la mise en place par les 100 Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) existantes, d’équipes de veille pour les soins infirmiers à domicile spécifiques, parfois le non-fonctionnement des guichets uniques et des commissions pluridisciplinaires…
La lenteur de la mise en place dans certains services ou commerces (La Poste [200 sur 12000], la SNCF, des chaînes d’hypermarchés…) de guichets ou de caisses prioritaires ouverts tous les jours et clairement indiqués,
Les disparités inégalitaires des mesures d’accessibilité dans les transports en commun et les bâtiments publics…
Les critères d'attribution de la carte de stationnement.


Si les associations restent silencieuses devant ce constat accablant, la Loi du 11 février 2005 risque fort de fondre comme neige au soleil ! Notre rôle est de sensibiliser le plus régulièrement possible tous les pouvoirs publics et la population, ne serait-ce que sur l’application et le suivi des dispositions de la Loi du 11 février 2005, qui avaient le mérite de vouloir tenir compte des personnes en situation de handicap, quelque soit le handicap, et qui avait la prétention de les soutenir dans tous les aspects de la vie quotidienne (déplacements, scolarité, emploi, maintien à domicile, lutte contre la discrimination…).


Il faut reconnaître toutefois que certaines dispositions de la loi ont vu le jour, même si toutes ne donnent pas entière satisfaction et sont inégalement appliquées sur tout le territoire français :
Les écoles ont ouvert leurs portes aux enfants en situation de handicap,
Certains employeurs ont compris les intérêts d’une loi qui s’impose à eux en matière de recrutement de travailleurs handicapés compétents,
Le milieu urbain est devenu, bon an mal an, selon le type de handicap, un peu plus accessible,
Les personnes en perte d’autonomie ont vu leurs conditions de vie progresser grâce notamment à la Prestation de Compensation du Handicap, une prestation qui ne convient pas toutefois aux conditions de vie de toutes les personnes en situation de handicap…


Il reste encore de nombreux et grands progrès à accomplir en faveur d’une meilleure acceptation des personnes handicapées.


Par exemple pour financer les MDPH, qui dépendent des budgets des Conseils Généraux, ou des collectivités locales pour financer les aménagements nécessaires à une meilleure accessibilité des lieux accueillant du public, les acquis dépendent donc des moyens locaux et il est notoirement évident après 5 ans de pratique que les financements de l’Etat à ces collectivités locales se réduisent d’années en années…


Le plus grand chantier sociétal à accomplir réside dans l’évolution des mentalités à tous les étages de la société et en une mise en œuvre de moyens financiers et humains pour permettre une réelle et concrète application de la loi pour tous, et pas uniquement sur des mesures-phares, mais pour faire avancer les dispositions déjà laissées de côté.


L’expérience de ces 5 dernières années n’est certainement pas la panacée, pour les malades et leurs familles, car n’oublions pas les accompagnants familiaux.


Toute loi engendre des avantages et des inconvénients, nous en sommes conscients, mais nous osons croire que les personnes handicapées bénéficieront de tous les axes promis depuis l’instauration de cette loi.